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samedi 9 février 2008

Français-algérien et déraciné

Balade Cirtéenne : depuis les gorges du rhumel sous le pont EL KANTARA, vue du pont de Sidi M'CidC'est l'histoire d'un petit gars du "Rocher" qui a bien grandi. Certains s'y reconnaîtront, d'autres comprendront peut-être mieux ce qui s'est réellement passé, ce qui se passe de l'autre côté de la méditerranée.

En 1962, personne ne m'a demandé mon avis, comme pour beaucoup d'autres adolescents il n'y avait rien à comprendre, rien à demander. C'était dans l'air du temps, tout le monde, ou presque, ne pensait qu'à une chose : partir ! Pourquoi ? Essentiellement, parce que la déception était énorme, la peur de l'après indépendance était la plus forte et, ce qu'on appelait les Pieds Noirs étaient persuadés qu'ils ne pourraient désormais plus vivre avec la communauté arabe. Et pourtant... Aujourd'hui, avec le recul, une meilleure connaissance des faits, à l'abri de l'intox, on réalise combien cet exode était infondé parce que provoqué par les extrémistes Algérie française. Et pourtant... je me souviens, lorsque mes frères arabes étaient dans la rue en liesse pour fêter leur indépendance, je me souviens que nous étions enfermés chez nous, stupidement inquiets, plus décidés que jamais à partir…Qu'aurais-je fait si j'avais été en âge de décider ? Ça je ne le saurai jamais ! Il me faut vivre avec cette interrogation et le sentiment d'avoir été privé de mon Pays, de ma terre natale, de ma ville, de cette belle Cirta, de Ksentina fièrement perchée sur son rocher, avec son Rhumel qui la transperce et ses multiples ponts qui sont un des charmes de cette ville dont on parle trop peu.

Balade Cirtéenne : depuis le haut des 'S', face au miusée, l'APC de ConstantineJ'entreprends ce blog, après avoir retrouvé un ami d'enfance perdu de vue depuis plus de 50 ans et après trois retour au bled (1984, 2004 et 2005). C'est si proche et si loin… En effet, comme nos chemins se ressemblent ! Comme nos racines nous manquent ! Comme nos goûts se ressemblent ! Quelle surprise pour nos épouses de constater combien nous partageons nos enthousiasmes, nos idéaux, comment nous magnifions nos souvenirs !


J'ai décidé de coucher sur le papier cette quête si précieuse, ce témoignage d'un déraciné, d'un immigré français-algérien parmi mes frères arabes-algériens, alors que 21 ans se sont écoulés depuis mon premier retour en Août 1984. Je me livre à ce travail de mémoire, alors que que je tente avec d'autres de renouer des liens culturels avec ma terre natale, notamment par le biais du travail associatif : http://www.adcha.free.fr/, un acte concret pour aider mon pays, pour faire partager une culture si riche et si généreuse, pour faciliter le dialogue et renouer les liens entre les deux rives..



Balade cirtéenne : le monument aux morts vu du bd de l'AbîmeIl n'y a pas de hasard. Sans doute fallait-il attendre la maturité pour passer à l'acte et profiter d'autres retours qui revêtent un vrai travail de quête pour faire le bilan, retrouver des émotions, des moments, des êtres !


Mais il y a plus que cela. Après trois retours en Algérie, j'ai dépassé le cadre des souvenirs retrouvés ou perdus. Aujourd'hui, si je retourne au bled, c'est que j'en ai besoin pour vivre mon pays et faire le plus de choses possibles pour lui et avec lui. Je me projette dans l'avenir de ce pays et, à travers mes retours que je voudrais être annuels, dans ma ville de Constantine, je tente de garder le lien, d'être en phase avec l'actualité algérienne et de contribuer, à mon niveau, au futur de ma terre natale.



Balade Cirtéenne : depuis le pont suspendu, le lycée Redha HoubouJ'ai en effet besoin de parler de ma terre natale, tellement l'éloignement m'est pénible. 2006 et 2007, ne m'ont malheureusement pas permis de retrouver ma ville, au rythme d'un mois tous les ans. Vraisemblablement, il en sera de même pour 2008...



Heureusement que les amis sur place, avec qui je maintiens le contact, m'aident à supporter cette douloureuse séparation.



je mène un projet d'écriture d'un ouvrage intitulé "Passeport pour mon Pays".



Je continue mes démarches pour obtenir la nationalité algérienne et je dois dire que c'est un long parcourt du combattant parsemé d'embûches, de difficultés, d'incompréhensions, de frustrations, de désillusions et de colère. Malgré tout, je tiens bon le cap et une prochaine contribution fera le point sur cette question.



Je vous signale le site Internet que j'avais fait à propos de mon retour à Constantine, en 2004 : http://yahia.jmp.free.fr/constantine 2004
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