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mardi 16 août 2011

Dernières Nouvelles d'Algérie : un chanteur tunisien expulsé

Le chanteur tunisien Bendir Man
expulsé d’Algérie pour avoir critiqué
les dirigeants algériens

Auteur de chansons satiriques, le tunisien Bayram Kirani, alias Bendir Man, a été « expulsé » par les autorités algériennes dimanche 14 août a annoncé l’intéressé sur ses comptes facebook et twitter. Cette expulsion a été assortie d'une interdiction de territoire algérien, a-t-il ajouté. Les autorités algériennes lui reprochent, selon ses propos, de vouloir exporter « les pensées de la jeunesse tunisienne ». C'est-à-dire, révolutionnaires.



Bendir Man se trouvait en Algérie pour tenir deux concerts d’affilée : le premier à Alger et le second à Bejaia. Vendredi 12 août, Bendir Man accompagné du chanteur algérien Baâziz a été invité à quitter la scène au beau milieu du deuxième concert, prétextant un problème de sono, raconte le site tunisien Webdo.
Le chanteur tunisien, contacté par ce même journal, a livré son récit des faits. « Tout a commencé la veille (jeudi, ndlr), lors du premier concert, quand Bendir Man a chanté ‘99% chabaa dimokratia’ (99% plein de démocratie), une parodie sur les élections pipées. Quand les spectateurs en liesse ont réclamé des noms, Bendir Man a tout simplement répondu ‘les dirigeants arabes, comme celui que nous avions en Tunisie, et que vous avez présentement’. Ce qui n'a pas manqué d'enflammer la foule de spectateurs, au point qu'à la fin du concert, certains ont crié ‘Baaziz président, pouvoir assassin !’ »
Ces propos, Bendir Man, allait les payer cher puisque le concert de Bejaia a été avorté. « Vendredi, l'organisateur a été sommé d’arrêter le deuxième concert, chose qu'il a refusée et le ‘show must go on’, mais au milieu du concert, la sono, sabotée, a tout simplement explosé’. Le concert a été arrêté. Les spectateurs sont restés sur leur faim », poursuit la même source.
Dimanche 14 août, une fois à l'aéroport, le vol de Bendir Man a été retardé d'une heure et quart. Pendant ce temps, selon le site tunisien, Bandir Man « a été questionné durant tout ce temps. Son bagage a été fouillé, et pour finir on lui a montré une feuille officielle mentionnant qu'il était désormais interdit de séjour en Algérie. Les policiers l'ont accusé d'exporter la révolution. Propos auquel, l'artiste a répondu que ce n'était pas des conserves de tomates».
« L’Algérie est un très beau pays, l'accueil et les gens sont très hospitaliers, mais sans être donneur de leçons, c'est dommage qu'avec autant de ressources et de richesses, ce pays se retrouve avec un taux de chômage élevé et un système aussi corrompu que le nôtre », a encore confié Bendir Man.
Aussitôt révélée, la nouvelle de son expulsion a suscité un élan de solidarité et de réprobation de ses nombreux fans.
Ce n’est pas la première fois que ce chanteur soit décrété persona non grata. Après deux ans de carrière, cet homme de 26 ans n’a pas eu le droit de donner un seul concert en Tunisie ou de diffuser sa musique du temps du règne absolu de Ben Ali
Pourtant, sa voix et ses chansons ont retenti plus fort avant et après la révolution du jasmin, faisant de Bendir Man un symbole. Ses chansons circulaient d’ailleurs sous le manteau.
Dans sans pays natal, Il a fallu attendre la chute de Ben Ali pour que Bayram organise des concerts.
Les textes caustiques de Bendir Man, accompagnées avec un peu de reggae, de sonorités nord-africaines et de musique traditionnelle tunisienne, révèlent les travers de la société tunisienne et plus particulièrement ceux du régime.
Cet artiste impertinent qui vit entre Paris où il poursuit ses études (master en sociologie du sport) et la Tunisie, est devenu rapidement la coqueluche des Tunisiens. Il compte plus de 150 000 fans sur MySpace et près de 120 000 amis sur Facebook. C’est grâce d’ailleurs à ces réseaux sociaux que les chansons de Bendir Man ont trouvé écho auprès d'une bonne partie des Tunisiens.
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