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vendredi 5 août 2011

Il l'aimait (6 et fin)

Un combat pour vivre ses origines ou un passeport pour Mon pays…

Depuis son retour de mai 2004, il ne pense plus qu’à ça : obtenir la nationalité algérienne. Il écrit au ministre de la justice en Algérie. Dans le même temps il trouve sa place dans le mouvement associatif pour développer les échanges culturels, les entraides entre les deux rives de la Méditerranée. C’est sa façon d’attendre. C’est sa petite contribution à la vie algérienne.

Mais ça ne lui suffit pas ! À plus de 57 ans, il a pris la décision de demander la nationalité algérienne, car il considère que sa terre natale est SON Pays et qu’à l’époque où il a été expatrié, il n’avait pas le choix et, les années passant, il lui semble temps de mettre fin à une situation qu’il n’a jamais souhaitée et qu’il ne supporte plus.

À la retraite depuis septembre 2003, il peut à présent se rapprocher plus encore de SON pays et de SA ville, Constantine. Il peut enfin venir plus souvent partager la vie de ses frères algériens.

Avant de terminer sa vie, il voudrait inscrire ce symbole, afin que ses enfants et petits enfants se souviennent que c’est la fraternité qui fait la richesse des hommes et des femmes qui vivent sur cette Terre.

Mais la réponse tarde à venir ! Alors Il fouille les sites officiels sur Internet et essaie de s’y retrouver. Il s’adresse à nouveau au ministre de la justice et cette fois, il adresse une copie à l’ambassadeur d’Algérie en France.

Il insiste pour dire combien son questionnement n’a pas varié et surtout combien sa motivation de devenir citoyen algérien s’est renforcée, à l’occasion des derniers évènements.

Il précise enfin qu’il sera à nouveau sur le territoire algérien en septembre prochain, à l’occasion de son retour annuel à Constantine. Il sera tout à fait à même de se rendre à Alger pour satisfaire à toute démarche administrative.
Il obtient un courrier du Consul d’Algérie duquel il dépend qui lui rappelle le cadre législatif algérien en vigueur. Il ne se décourage pas et rédige un nouveau courrier pour attirer son attention sur ce type de demande, afin peut-être de favoriser l’émergence future d’un nouvel article au code de la Nationalité, dans le cas d’une révision future. Sans doute n’est-il pas assailli de demandes de ce type et pourtant, dans le contexte actuel difficile des relations entre la France et l’Algérie, celle-ci prend une résonance particulière : dans la perspective d’une réconciliation des peuples des deux rives, dans le cadre d’une Histoire commune enfin reconstruite et assumée pleinement, ce type de décision pèserait vraiment en faveur d’une Algérie moderne, libre et reconnue comme une grande nation du Maghreb, partenaire incontournable de la France et de la communauté européenne. Il espère bien que ces éléments de réflexions entreront un jour en jeu et favoriseront un aménagement du code de la nationalité.

Pour l’heure, il continue d’espérer pouvoir acquérir la nationalité de SON pays de naissance. Selon l’article 10 du code de la nationalité, l’alinéa 1 précise « D’avoir sa résidence en Algérie depuis 7 ans au moins au jour de la demande. », l’alinéa 2 stipule « D’avoir sa résidence en Algérie au moment de la signature du décret accordant la naturalisation ».

Il lui demande donc comment, dans le cadre légal actuel, il est possible de satisfaire à ces deux conditions, étant donné que les visas touristiques sont accordés pour un mois et que le mieux qu’il puisse espérer est un visa culturel d’une durée maximale de trois mois. Ses 58 ans, lui permettent d’espérer avoir le temps de remplir les conditions.

La seule possibilité imaginable est la carte de résident renouvelable tous les deux ans. Mais où sont les textes législatifs qui régissent ce cas et quelles sont les formalités à accomplir pour l’obtenir ainsi que les conditions d’obtention ?

Enfin, des mois plus tard il reçoit une réponse du Consul qui le renvoie à la Wilaya de Constantine, seule habilitée à traiter des cartes de résident. Par contre, il ne sait toujours pas quelles conditions remplir !

Ce passeport pour son propre pays, qu’il est difficile à obtenir ! Comment faire comprendre les choses au-delà du seul aspect réglementaire ? Cet attachement au sol natal que tous les humains ressentent est-il si contraire aux lois ?

« Tu vois, Ksentina, j’en ai ramené des souvenirs et des enseignements ! Je ne cesserai de faire ta promotion, car vois-tu, chère amante, tu es et tu resteras à jamais la plus belle ville du monde, perchée sur ton rocher, s’offrant à la vue de tous et réservant tes douceurs pour l’invité. Attends-moi ! »
Yahia de Constantine (Jean-Michel Pascal)
De son exil en France, le 25 août 2008
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